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18 Nov 2020

Mon Lapin Éternue, Est-ce vraiment du Coryza ?

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Mon Lapin Éternue, Est-ce vraiment du Coryza ?
France Vet - Conférences - Lapin Éternue - Coryza

Eternuments et jetages sont des motifs fréquents de consultation chez le lapin. Derrière ces symptômes se cachent un grand nombre de pathologies dont les traitements et les pronostics peuvent différés de manière importante. Il est donc nécessaire de connaitre les différentes étiologies afin de savoir les diagnostiquer et de mettre en place les traitements appropriés.

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Synopsis :

I. Rhinite

Les lapins sont des animaux qui possèdent des cavités nasales particulièrement sensibles. Un environnement trop sec, trop chaud, trop poussiéreux, avec la présence de fumigènes ou de désodorisants, engendrera une irritation chronique des cavités nasales et une inflammation de ces dernières. Cette rhinite d’origine environnementale peut se manifester par des poils humides et collés autour des narines ainsi que des éternuements. A ce stade, une modification de l’environnement, et des anti inflammatoires non stéroïdiens suffisent souvent à traiter cette pathologie (Johnson-Delaney, 2011).

Cependant, si cette pathologie n’est pas traitée à temps, une surinfection bactérienne survient assez fréquemment. Dans ce cas le jetage devient muco-purulent, l’état de l’animal peut être altéré, et une contamination aux voie respiratoires basses peut survenir. Il est donc important de réaliser des clichés radiographiques thoraciques afin de déceler au plus tôt la présence d’une broncho pneumonie. Dans le but de mettre en place une antibiothérapie ciblée, la réalisation d’un écouvillon des cavités nasales ainsi qu’un antibiogramme est vivement conseillé. Pasteurella multocida, Bordetella bronchiseptica, et Pseudomonas spp. sont dans l’ordre les bactéries les plus fréquemment rencontrées (Rougier 2006). La pénicilline (par voie sous cutanée stricte) et la doxycycline sont des antibiotiques de première intention efficaces, qui peuvent être administrés en attendant les résultats de l’antibiogramme. L’adjonction d’anti inflammatoires non stéroïdiens, de nébulisation au NaCl hypertonique et de séances de laser thérapeutiques (Krespi 2009) complètent la prise en charge médicale.

Les récidivent sont cependant fréquentes. Celles-ci peuvent être expliquées soit par l’absence de la réalisation d’une antibiothérapie ciblée suite au résultat d’un antibiogramme (de nombreuses antibio résistance existent), soit par la destruction des cornets naseaux lors d’infections chroniques qui rendent ces patients plus sensibles aux germes présents dans l’environnement, soit à la présence d’ostéomyélite des conques nasales (nécessitant la réalisation d’une rhinotomie pour retirer les tissues infectés).

II. Malocclusion dentaire

Les pathologies dentaires sont très fréquentes chez les lapins et n’ont pas que des répercussions au niveau de la cavité buccale. En effet lors d’un défaut d’abrasion de la couronne clinique, une excroissance dentaire apparait, suivie dans les cas les plus grave par une rétrocroissance. Celle-ci peut entrainer une perforation de l’os maxillaire et une infection des voies respiratoires. Les signes cliniques les plus fréquents sont un jetage souvent purulent qui peut être couplé à un épiphora, des pointes ou excroissances dentaires et secondairement une dysoréxie ou une anorexie.

Des examens d’imagerie sont nécessaires pour obtenir un diagnostic et planifier le traitement des telles atteintes. La radiographie permet dans certains cas d’obtenir ces informations, mais à cause de la superposition des structures osseuses, la réalisation d’un examen tomodensitométrique apportera beaucoup plus d’informations.

Le traitement consiste en l’extraction des dents infectées, couplé à un prélévement bactérien afin de mettre en place une antibiothérapie ciblées. Cependant lors de cas avancés, et de présence d’ostéomyélite des volutes nasales, il peut être nécessaire de réaliser une rhinotomie, rhinostomie ou une pararhinotomie afin de réaliser un curetage des tissue infectés (Capello 2014).

III. Corps étrangers

Comme chez les carnivores domestiques, les corps étrangers nasaux sont parfois très difficiles à diagnostiquer. Chez le lapin, ce sont le plus souvent des éléments végétaux (type brindilles de foin) qui sont isolés (Lennox 2013). Dans certains cas, on peut aussi retrouver des rhinolithes (concrétions calciques). La présentation est généralement unilatérale. Lorsque le corps étranger n'est pas retiré, il entretient une inflammation et une infection locale, aboutissant à la lyse des structures osseuses environnantes.

Le diagnostic est difficile. Une observation minutieuse de la narine, en retroussant le repli nasal doit être considérée en priorité. Par la suite, l'examen tomodensitométrique permet de localiser le site de l'infection, même si le corps étranger en lui même est rarement identifié. L'examen de choix est la rhinoscopie. Celle ci est pratiquée à l'aide d'un endoscope rigide ou semi-rigide de faible diamètre 1.9mm ou 1mm avec une optique plate. Le lapin est anesthésié et intubé. Une instillation de lidocaïne naphazoline est appliquée dans les voies nasales.

Lorsque cela est possible, une extraction du corps étranger est réalisée lors de la rhinoscopie. Dans le cas d'un corps étranger plus avancé, une procédure de rhinotomie ou sinusotomie est nécessaire pour permettre l'extraction (Lennox 2013).

IV. Tumeurs nasales

Les tumeurs nasales sont relativement rares chez les lapins, mais ont été bien décrites (Lennox 2014, Nakata 2014). Elles affectent des lapins d'âge moyen. On retrouve des adénomes ou des carcinomes nasals. La présentation est généralement unilatérale avec une extension hétérogène des lésions qui prennent le contraste à l'examen tomodensitométrique.

Le diagnostic de certitude requiert des biopsies qui peuvent être faites avec un endoscope ou "à l'aveugle" lorsque la cavité nasale est trop petite pour insérer un endoscope avec canal opérateur. Le traitement de choix est la radiothérapie à raison de 8 séances de 6gy, à raison d’une séance par semaine (Nakata 2014). Le pronostic est relativement bon avec des médianes de survie de plus de 2 ans post-radiothérapie (Nakata 2014).

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Les Intervenants : 

Charly PIGNON (1) et Minh HUYNH (2)

(1) DV, DECZM (Small Mammals)

Service NAC, CHUVA, Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, 7 Avenue du Général de Gaulle, 94700 Maisons-ALfort

(1) DV, MRCVS, DE Pathologie aviaire, DECZM (avian), DACZM

CHV Frégis, 43 Avenue Aristide Briand 94110 Arcueil


Références

  • Capello V. (2013) Rhinostomy as a surgical treatment of odontogenic rhinitis in three pet rabbit. Journal of Exotic Pet Medicine; 23:172–187.
  • Lennox, A.M. (2013) Rhinotomy and Rhinostomy for Surgical Treatment of Chronic Rhinitis in Two Rabbits. J Exotic Pet Med ;22(4):383-392.
  • Lennox, A.M. and Reavill, D. (2014) Nasal mucosal adenocarcinoma in a pet rabbit. J Exotic Pet Med. 23(4):397–402. 12 Refs
  • Johnson-Delaney C. (2011) Rabbit Respiratory System: Clinical Anatomy, Physiology and Disease. Vet Clin Exot Anim 14 (2011) 257–266
  • Krespi Y.P., Kizhner V. Cutney O.K. (2009) Laser-induced microbial reduction in acute bacterial rhinosinusitis. American Journal of Rhinology Allergy ;23(6): 29-32.
  • Nakata M, Miwa Y, Tsuboi M, Uchida K. (2014) Surgical and localized radiation therapy for an intranasal adenocarcinoma in a rabbit. J Vet Med Sci. 76(12):1659-62.
  • Rougier S., Galland D. Boucher S. et al. (2006) Epidemiology and susceptibility of pathogenic bacteria responsible for upper respiratory tract infections in pet rabbits. Vet Microbiol. 2006;115(1-3):192-8.

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